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 Coït, acte raisonné ou liberté conditionné"La faim du tigre"

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Electre
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MessageSujet: Coït, acte raisonné ou liberté conditionné"La faim du tigre"   Lun 2 Juil 2012 - 12:04

Je propose à votre lecture cet extrait du livre de Barjavel édité chez Denoël en 1966pages 40 à 44.
Bien à vous
Electre

Chez la femme pâmée -je ne parle pas de la femme frigide qui n’est pas un fruit naturel de la vie, mais un produit de la société contraignante ou de l’homme égoïste ou maladroit_- chez la femme pâmée noyée de joie ,répandue, inconsciente ne surnage qu’un seul réflexe impératif
: s’ouvrir ,encore, encore ,encore plus ,et recevoir l’homme à la plus grande profondeur possible d’elle même.
Quant à l’homme, pendant un court instant, il n’est plus qu’une seringue à injection poussée par un bulldozer.
Elle et lui, croyant ne penser qu’à eux mêmes, chacun à son propre plaisir et lui parfois au plaisir d’elle, persuadés d’accomplir l’acte le plus personnel ,le plus individuel ,le plus égoïste, en réalité s’oublient eux mêmes ,abdiquent leur liberté ,et travaillent pour le Tout.


L’homme obéit comme la souris ou l’éléphant, comme les poissons et les petits oiseaux. Il suffit d’un sein qui pointe, d’un oeil au regard las, d’une jambe, d’une chevelure d’une voix et qu’il soit savant atomiste ou débardeur, voilà l’homme qui se précipite. Il n’a certes pas conscience de cette passivité, et il croit bien au contraire accomplir une série d’actes parfaitement voulus et réfléchis.
L’être humain de sexe mâle en qui s’est éveillé le désir d’un être humain de sexe opposé, qui franchit ou détruit tous les obstacles qui l’en séparent, qui fait fondre son indifférence, anéantit ses scrupules ,dissipe ses craintes, l’arrache à ses parents pour en faire sa femme ou sa maîtresse et se couche enfin en elle, est bien persuadé à cet instant suprême que cette possession est l’aboutissement de son effort conscient ,obstiné, volontaire, le couronnement victorieux de son action individuelle, alors qu’en réalité il a couru derrière son sexe, lequel était orienté comme une aiguille d’une boussole par le champ magnétique de l’espèce.
Et la femme si maligne, qui se fait choisir par l’homme qu’elle a choisi, qui lui suscite des obstacles afin qu’il puisse les écarter, qui s’éloigne pour qu’il accoure ,qui résiste pour que l’effort qui la vaincra soit plus grand, la femme si certaine de mener le jeu est elle même menée par la naissance mensuelle ,du mystérieux, de l’impératif ovule qui veut recevoir la cellule complémentaire grâce à laquelle il pourra commencer à se diviser.
Dans la vie des êtres humains, le choix du partenaire est l’acte le plus involontaire de toute l’existence de l’individu, après sa propre naissance.
La formation d’un couple est le résultat de la loi de perpétuation de l’espèce jouant sur des affinités héréditaires, dans la multitude des hasards sociaux.
Cela s’appelle ,mariage ,passion ,jalousie,adultère,aventure,allocations,révolver,prostitution,famille.
C’est ce que nous nommons l’amour.


Il y a confusion.
L’amour, c’est l’oubli de soi.
Au contraire ?ce qui pousse une fille vers un garçon, un garçon vers une fille, c’est le besoin de satisfaire le besoin le plus personnel. Lorsque cet appétit est réciproque, il donne naissance chez l’un et l’autre partenaire ,à un état nerveux particulier qui leur fait éprouver un intense bien être à se retrouver, à rester ensemble, à se parler, à se regarder, à penser l’un à l’autre sans même aller jusqu’à l’accomplissement de l’acte sexuel. Ou même après.

C’est ce que nous nommons le bonheur.

Mais que l’un des deux veuille rompre cette harmonie, s’évader de cette intimité, l’autre alors ,défendant son propre bonheur sans aucun souci de son partenaire, devient semblable au lion à qui on voudrait arracher sa part de gazelle. Le ressort d’un tel comportement est un égoïsme sauvage.
C’est le contraire même de l’amour.
L’amour est l’oubli de soi.
Il n’a pas besoin d’être partagé, car il ne désire que donner. Mais s’il est réciproque, si chacun des partenaires reçoit autant qu’il donne, alors peut s’établir entre eux une véritable félicité que rien d’intérieur ne menace. L’amour véritable engendre le bonheur vrai.
Mais pour que cet amour véritable s’établisse, il faut que les deux êtres qui forment le couple aient des physiologies qui soient en harmonie, des mondes mentaux qui puissent communiquer, des gouts qui s’accordent et se complètent, des désirs synchrones, des éducations semblables ou voisines. Et que chacun ait suffisamment de qualité pour penser d’abord à l’autre, avant de penser à lui.
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